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L'ancien métier du remèr et 1600 ans de forcole, de rames et d'artisanat vénitien

Venise, 4 octobre 2021 - Expérience, méticulosité et nombreuses heures de travail. Le remèr (terme qui signifie un artisan spécialisé dans la production de rames) est un ancien artisanat vénitien qui a survécu à l'avènement de l'industrialisation et de la technologie. C'est un travail manuel et solitaire, où les callosités des mains marquent le temps et la fatigue. Essentiel dans la Venise du passé, lorsque la mobilité de la ville se faisait entièrement à la rame, mais toujours important aujourd'hui, car il fait partie d'une histoire et d'une culture qui veut continuer à exister et à se raconter.

À l’occasion du 1600ème anniversaire de Venise, l’Association "El Fèlze" a choisi de raconter l'histoire et les secrets des métiers artisanaux liés à la construction des gondoles dans une série de rencontres intitulées "Storie sotto el Fèlze", prévues jusqu'au 7 novembre. Le nom même de l'association est un hommage à la Venise du passé et à l'un de ses symboles disparus, le fèlze, c’est-à-dire la cabine mobile au centre de la gondole. Squeri, botteghe et remiere seront l’arrière-plan des histoires de l'artisanat vénitien racontés par les mêmes artisans qui travaillent encore dans la ville ; il y aura aussi différents rendez-vous ouverts aux curieux et aux passionnés de ces métiers anciens mais fascinants.

"Il est important de parler de nous aux gens", dit Saverio Pastor remèr de profession et membre de l'Association "El Fèlze", "et nous voulons le faire directement sur nos lieux de travail, afin de leur montrer nos métiers et de leur rappeler les métiers qui n'existent plus, comme les felzèri ou les conzafèlzi. Nous le faisons depuis un certain temps, mais cette année, notre travail de diffusion est encore plus spécial car il s'inscrit dans le cadre des célébrations du 1600ème anniversaire de la naissance de Venise et, par conséquent, de nos propres métiers".

Faisant partie d'un patrimoine culturel toujours vivant dans la ville, Pastor passe ses journées avec du bois dans les mains. Il sculpte, lisse, polit et donne une nouvelle vie aux rames et aux forcole (dames de nage typiques de Venise) usées par le temps et l'eau. Il est devenu remèr en commençant par être apprenti et en apprenant, au fil du temps, des erreurs et des enseignements de son maître, à manier la rugosité du bois, matériau qu'il connaît désormais parfaitement.

"Dans le passé, on devenait artisan en suivant la mariegola dei remeri", commente Pastor, "c’est-à-dire le livre qui réglementait ce métier, qui disait que les apprentis devaient travailler pendant une période de cinq ans sans rémunération, à l'issue de laquelle ils devaient passer un examen qui, s'il était réussi, leur permettait d’être salariés. Ce n'est qu'après cinq années supplémentaires qu'il était possible de passer un autre examen pour être reconnu comme maître, obtenir une augmentation et ouvrir un atelier".

Un remèr professionnel passe des heures et des heures en compagnie de pièces de bois et d'outils tels que la scie à ruban, la ponceuse, la hache, le grattoir, mais ce qui compte le plus, dans ce métier, c'est la sensibilité des mains et l'œil qui suit les traces de ceux qui, avant lui, lui ont enseigné cet art.

"Il faut huit à dix heures pour fabriquer une rame", précise Pastor, "pour une forcola, selon le modèle, il faut cinq à quarante heures. On commence avec un quart de rondin et on finit par créer un objet qui, dans le passé, n'était qu'un support pour l'aviron mais qui, aujourd'hui, est considéré comme une véritable œuvre sculpturale. Cependant, les heures de travail, les efforts et l'engagement sont toujours récompensés par la grande satisfaction de continuer à perpétuer un morceau d'histoire et de tradition vénitienne".

Pour les prochains événements de "Storie sotto el Fèlze" et pour plus d'informations sur l'Association "El Fèlze", visitez le site https://www.elfelze.it/storie-sotto-el-felze/.

Venicemarathon 2021 : 42 km en courant à travers les villas de la Riviera del Brenta jusqu'au cœur de Venise

Venise, 4 octobre 2021 - Un parcours unique, l'un des marathons les plus évocateurs au monde qui traverse les magnifiques paysages de la campagne vénitienne et se termine au cœur de Venise. 42 km et 195 mètres de sport, d'art, d'histoire et de culture. Cette année, le Venicemarathon atteint sa 35ème édition, et ce dans une Venise qui célèbre déjà le 1600ème anniversaire de sa fondation. Ce n'est pas seulement un marathon, mais aussi un point de rencontre pour des milliers d'athlètes du monde entier. Il s'agit d'un événement important et internationalement reconnu, auquel les organisateurs ont décidé de consacrer cette année une médaille spéciale, conçue par le célèbre graphiste américain Milton Glaser pour marquer l'anniversaire de la fondation de la cité lagunaire. Au-dessus de la date "Venise 421-2021", on trouve une image du lion ailé de saint Marc dans une version "marathonienne" portant des chaussures de jogging. Un objet de collection unique qui sera donné à chaque participant aux courses de 42 km et de 10 km. 

Participer au Venicemarathon, c'est courir à travers l'art et l'histoire de Venise, sur un parcours sans équivalent dans le monde. Un environnement riche en suggestions historiques, culturelles et scéniques, comme les villas vénitiennes de la Riviera del Brenta. 

La Villa Pisani à Stra, la majestueuse résidence des nobles Pisani datant du dix-huitième siècle et l'une des villas vénitiennes les plus connues, sert de point du départ du Venicemarathon. La première partie de l'itinéraire passe par certaines des résidences aristocratiques les plus spectaculaires de la Riviera : de la Villa Badoer-Fattoretto du seizième siècle, propriété du marchand et homme politique de la Sérénissime Giacomo Badoer, en passant par la Villa Widman du dix-huitième siècle et l'éclectique Villa Fernanda, connue comme la maison des fées pour son architecture gothique tardive, jusqu'à la Villa Foscari, connue sous le nom de La Malcontenta, un joyau de l'école "palladienne" et un site du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994. 

Après avoir franchi la ligne d'arrivée du semi-marathon, la course bat son plein à Marghera, puis continue vers Mestre, en longeant le musée multimédia M9. Encore 2 km vers le Parco San Giuliano où les athlètes de la course de courte distance, le VM10K, s'élancent pour parcourir le dernier tronçon, le plus spécial et le plus suggestif qui mène à la Lagune en traversant le Ponte della Libertà, une bande plate d'asphalte et de pierre d'Istrie de presque 4 km qui introduit les marathoniens dans la zone portuaire de Venise. Les athlètes courent ensuite le long du Zattere, le long du canal de la Giudecca, jusqu'à Punta della Dogana, puis "passent à gué" le Grand Canal grâce à un pont flottant, construit spécialement pour la course. Après le tour d'honneur sur la Place Saint-Marc, à l'ombre du Campanile et à côté du Palais des Doges, le dernier effort et les derniers ponts à affronter mènent à Riva Sette Martiri, où les athlètes terminent la compétition. 

Le Venicemarathon est un grand événement dédié au monde de la course qui promeut également les valeurs saines du sport. Cette année, pour la quatrième année consécutive, l'athlète paralympique Giusy Versace, en plus de jouer le rôle de marraine de l'événement, s'associe au projet de collecte de fonds "Venicemarathon Charity Program", promu par l'organisation à but non lucratif qu'elle a fondée "Disabled No Limits" pour soutenir la pratique du sport chez les personnes handicapées. 

Une course, donc, qui exerce son charme sur les athlètes comme sur les spectateurs. Un parcours qui passionne et révèle la beauté du paysage vénitien dans toute sa splendeur, permettant aux spectateurs et aux marathoniens de profiter de la montée d'adrénaline de la compétition sportive, immergés dans l'un des cadres les plus évocateurs du monde. Mais elle permet surtout aux athlètes, et jamais comme cette année, de parcourir l'histoire de la Sérénissime République, tant sur terre que sur mer. Villas, rivières, jardins, vues et monuments qui dégagent le charme de cette ville et de ses 1600 ans.

"Il colore nelle tessiture veneziane" : à San Rocco un hommage à l'art des teinturiers

Venise, 30 septembre 2021 - Entre le quinzième et le seizième siècle, l'art ancien des teinturiers et des tisserands a connu son plus grand développement manufacturier et a constitué un élément important de l'industrie vénitienne. Organisée par la Scuola Grande di San Rocco pour célébrer le 1600ème anniversaire de Venise, l'exposition "Il colore nelle tessiture veneziane" (en français : La couleur dans le tissage vénitien) se consacre à cet art ancien, en particulier à l'entreprise Luigi Bevilacqua. Du dimanche 3 au samedi 16 octobre, la Scuola Grande di San Rocco - connue comme la "chapelle Sixtine" de Jacopo Tintoretto, fils du teinturier Giovanni Battista - ouvre ses portes au public pour retracer une histoire dont les racines remontent au quinzième siècle. En effet, en important la soie d'Orient, l'industrie manufacturière vénitienne est devenue célèbre pour le tissage, une fabrication qui a fait de Venise, au fil des siècles, un centre important pour la production des soies et des velours requis par les cours européennes les plus prestigieuses.

L'une des plus célèbres est l'usine de tissage fondée par Luigi Bevilacqua en 1875, qui a récupéré des métiers à tisser et des machines autrefois utilisés par la Scuola della Seta de la Sérénissime. Mais il semble que la famille Bevilacqua ait été impliquée dans l'art du tissage dès le quinzième siècle : on en trouve la preuve dans les archives de la Sérénissime, où différents membres de la famille Bevilacqua apparaissent comme marzer (marchand de tissus), drapiercimador et, en 1657, également comme teinturiers. 

Aujourd'hui encore, les locaux vénitiens de Tessitura Bevilacqua traitent le type de tissu le plus précieux et la fabrication la plus complexe : le velours soprarizzo. Il s'agit d'un velours spécial, typiquement vénitien, avec deux types de poils différents : le velours riccio et le velours coupé. Le nom vient du fait que le velours coupé est plus haut que le riccio : d'où sopra-riccio ou soprarizzo. Partant du même fil, les deux procédés sont différents : le velours riccio reflète la lumière et est plus clair, tandis que le velours coupé, l'absorbant, est plus foncé. Ce précieux tissu est un long processus, car la préparation des métiers à tisser peut à elle seule prendre des mois et les tisserands produisent environ 30 centimètres de tissu par jour. L'exposition peut être visitée de 10h30 à 12h30 et de 15h30 à 17h30.  

Pour l’occasion, deux conférences seront organisées dans la Sala dell'Albergo, l'une le lundi 11 octobre à 17h30 intitulée "Un filo lungo secoli si dipana in uno scrigno prezioso : luoghi e nomi antichi legati ai tessuti ed ai mercanti a Venezia" (conférencière Barbara Marengo) et l'autre le jeudi 14 octobre à 17h30 sur le thème "Scale di seta. Storia del prezioso tessuto nella letteratura italiana" (conférencière Daria Perocco).  

La conférence du 11 octobre tracera un itinéraire à travers les siècles de l'histoire de la Sérénissime, en suivant les noms et les lieux liés aux tissus, à leur commerce, à la dévotion et à la société qui gravitait autour de ce monde aux multiples facettes. Des noms orientaux liés aux tissus, des noms de marchands qui convergeaient vers Venise depuis de nombreuses villes italiennes, des noms anciens liés aux empereurs, aux routes des mude, à la route de la soie, et surtout des noms qui sont aujourd'hui quotidiennement sous les yeux des Vénitiens mais dont on ne sait pas à quoi ils se réfèrent, ni pourquoi ces noms de lieux existent. C'est aussi une façon de rappeler combien Venise doit au Levant et combien le Levant parle encore inconsciemment de Venise.

"Scale di seta. Storia del prezio tessuto nella letteratura italiana" racontera l'histoire de la robe en soie qui, depuis le Moyen Âge, apparaît dans les textes littéraires comme un bien précieux mais pas inaccessible et qui, en tant que tel, peut être convoité 

Uniformes du passé : histoires et légendes du Quartier Général des Carabinieri de San Zaccaria, ouvert au public en occasion du 1600ème anniversaire de Venise

Venise, 21 septembre 2021 - À deux pas de la Riva degli Schiavoni et à côté de l'église de San Zaccaria, dont il tire son nom, se dresse un bâtiment qui appartenait à l'origine à l'ordre conventuel bénédictin et qui est devenu, en 1867, après l'annexion de la Vénétie au Royaume d'Italie, le siège du Comando Provinciale dei Carabinieri di Venezia. Nous sommes dans le sestiere du Castello, dans un lieu d'une valeur historique et artistique inestimable, qui est déjà mentionné dans le testament du doge Giustiniano Partecipazio de 829 et qui, le samedi 25 septembresera ouvert au public à l'occasion du 1600ème anniversaire de Venise

"Nous avons voulu donner cette opportunité à tous les Vénitiens", commente le Colonel Mosè De Luchi, chef du Comando Provinciale dei Carabinieri de Venise "pour leur montrer un lieu au charme unique datant d'avant l'an mille et pour que les citoyens puissent mieux comprendre non seulement l'histoire du lieu où résident les Carabinieri mais aussi l'importance de cette profession dans une ville unique comme Venise".

En entrant, on voit un cloître du 1495, un lieu qui présente encore les signes d'un passé fait d'histoires, de légendes et d'anecdotes et que les Carabinieri de San Zaccaria ont choisi de faire découvrir au public en cette année du 1600ème anniversaire de la fondation de la ville. Dans ce même cloître sont exposés quelques uniformes historiques des Carabinieri de la collection privée des frères Sartorel de Zero Branco. Ces uniformes appartiennent à différentes périodes historiques, allant de 1840 à nos jours, et sont en mesure d'évoquer l'histoire de cette profession ancienne et fondamentale de la défense des villes. Parmi les différents uniformes exposés, il y en a également deux particulièrement spéciaux, celui porté dans le film Il Giorno della Civetta avec Franco Nero et un autre, sportif, porté par le skieur des années 1970 Pietro Gros. 

"Le Comando de San Zaccaria est étroitement liée à l'histoire de Venise et à la figure du doge", poursuit le Colonel De Luchi, "on raconte en effet que chaque dimanche ou lundi de Pâques, le chef d'État de la Sérénissime s'y rendait en procession pour assister à la messe et, dans ce même lieu, il semble qu'il ait reçu la corne ducale en cadeau de l'abbesse du couvent. Ce lien est fondé sur la concession par l'abbesse du terrain où se trouve aujourd'hui la basilique de Saint-Marc". 

Après l'arrivée de Napoléon en 1810, l'ancien monastère bénédictin de San Zaccaria a été supprimé, comme beaucoup d'autres ordres monastiques vénitiens. Pendant la période austro-hongroise, il est devenu le siège du département de la comptabilité de l'empire, puis, jusqu'à la Première Guerre mondiale, le quartier général de l’Arme des Carabinieri et de l'armée royale.

Outre son histoire importante et sa beauté architecturale, l'actuel Comando Provinciale dei Carabinieri de Venise cache également de mystérieuses légendes liées à la figure du fantôme de l'abbesse, qui errerait encore la nuit dans le cloître de l'ancien couvent bénédictin. Le cuirassier Biasin a également raconté que c'est à cet endroit précis qu'un affrontement a eu lieu entre les troupes allemandes et les carabiniers de l'époque qui, après une forte confrontation, ont réussi à sécuriser le Comando. 

Les visites guidées sont gratuites et organisées par les Carabinieri de Venise avec le soutien du Touring Club. 

Pour toute information et réservation, contactez provveeventi@carabinieri.it ou appelez le 0412741513. 

 

LIEN ENTRETIEN VIDÉO 

https://we.tl/t-tckyCIJkwv

 

 

 

À Venise, la sommelière de thé Gabriella Scarpa enseigne une cérémonie faite de gestes et de lenteur

Venise, 29 septembre 2021 - Il y a des pays où le thé marque les moments de la journée, d'autres où il est un symbole d'accueil, de calme et de sérénité. Qu'il soit avec du sucre, du lait, du citron, noir ou vert, des épices ou de la menthe, qu'il soit servi avec des pâtisseries ou des sandwichs, le thé fait partie de la vie quotidienne de peuples entiers et est la boisson la plus populaire au monde après l'eau. À tel point que ce n'est pas une coïncidence si l'Académie Ar-Tea, crée par la sommelière de thé Gabriella Scarpa, a été fondée à Venise - qui, au cours de ses 1600 ans d'histoire, reste toujours un carrefour entre l'Orient et l'Occident. De mère anglaise et de père vénitien, passionnée de poterie et notamment de la technique japonaise du raku, Gabriella est devenue sommelière de thé à Londres et a ouvert sa propre académie en Italie. Elle nous ouvre ici les portes d'une culture qui trouve ses racines en Chine, où les moines ont appris ses nombreux bienfaits et utilisaient cette plante comme tonique pour rester éveillés et calmes pendant les longues veillées méditatives. 

Dans le domaine de la Sérénissime, où fleurissent les vignobles, Gabriella enseigne comment "choisir, préparer, servir et combiner tous les thés du monde, dans un sentiment de cordialité du geste". La lenteur, la précision, l'élégance de gestes nets et précis. "Offrir une tasse de thé", dit-elle, "c'est ce que je fais avec chaque invité. Il ne s'agit pas seulement d'une tasse de thé mais d'un moment d'attention, d'un cadeau, de quelque chose de précieux qui est donné avec amour, et j'essaie de transmettre ce sentiment en utilisant la culture de mon pays". Derrière une tasse de thé, il y a des rituels solennels et codifiés, il y a des cultures du monde entier. Faite de gestes, de lenteur, d'outils et de silence, la cérémonie du thé est une harmonie entre l'homme et la nature qui consiste à activer tous les sens pour savourer la boisson. Tout comme le vin est servi à la bonne température, le thé est infusé à la bonne température, avec la bonne porcelaine et les bonnes pinces pour cueillir les feuilles. Parce que rien n'est laissé au hasard. La magie du thé, comme l'appelle Gabriella, se produit lorsque la feuille est mouillée, lorsqu'elle reprend sa forme initiale, lorsque vous pouvez voir différentes formes et couleurs : bourgeons, feuilles plates et bourgeons apicaux.

"Le thé est parfait ici à Venise, c'est un moment de repos, de méditation, d'échange culturel, de chaleur et de partage. Dans une ville comme Venise", poursuit-elle, "le thé devrait jouer un rôle central, mais il est resté inconnu. Dans une ville qui a la saveur de l'Orient, la composante du thé, combinée à la tradition romantique occidentale, est un mariage parfait. Mon Académie est à Venise dans l'espoir de pouvoir offrir à ma ville quelque chose de vraiment précieux".

Et si quelqu'un pense que pour faire du thé, il suffit de tremper un sachet dans une tasse d'eau bouillante, Gabriella, par contre, retrace une histoire qui remonte à des milliers d'années. Et elle enseigne la catégorisation des six topologies du thé selon le nuancier chinois, universellement utilisé pour classer les six couleurs du thé en fonction de leur niveau d'oxydation, et donc du processus de transformation que subissent les feuilles fraîches de Camellia Sinensis pour devenir du thé. Nous dégustons des thés blancs, jaunes, verts, vert-bleu, rouges et noirs, qui représentent la base à partir de laquelle tous les thés peuvent être créés, aromatisés par l'ajout d'autres ingrédients ou, par exemple, parfumés avec des fleurs au contact, selon la tradition chinoise. Dans ses conférences, elle parle d'oxydation, de fermentation, d'eau et de terroir, en comparant des thés de même classe mais d'origines différentes. Elle enseigne comment les préparer avec différents paramètres d'infusion et comment les servir en utilisant les bons ustensiles. Car le sommelier de thé, comme le sommelier de vin, doit savoir choisir les fournisseurs, les thés et les accessoires des entreprises pour lesquelles il travaille. Il doit savoir comment conserver correctement les thés précieux, les connaître en profondeur, savoir les raconter, les combiner, les proposer et les préparer. Il doit savoir comment créer une carte de thé, des étiquettes pour les paquets et connaître la qualité et le prix. Il doit connaître les traditions de chaque pays et être capable de les transmettre.

"Ce que la Chine peut nous apprendre est très important et j'essaie de l'apporter en Italie en combinant la façon chinoise de concevoir le thé avec la culture italienne, c'est-à-dire en s'arrêtant, en faisant les choses en les comprenant, en les considérant, en essayant de bien les faire", conclut-elle. "S'arrêter et essayer de comprendre ce que l'on fait, le faire bien et s'accorder un moment de détente, de partage, de beauté et de recherche, voilà ce que je veux apporter à l'Italie à travers la culture du thé".

Quatre faits intéressants sur la #RegataStorica1600

Venise, 4 septembre 2021 - Le 5 septembre fait son retour la Regata Storica de Venise, la traditionnelle compétition de voga alla veneta qui, depuis le treizième siècle, célèbre la ville et ses liens avec l'eau. L'événement, qui voit s'affronter les meilleurs champions de la rame, prend cette année une valeur encore plus importante à l'occasion du 1600ème anniversaire de Venise. Pour l'occasion, on a organisé diverses activités pour rendre hommage à l'histoire de la ville et à son présent. Voici quatre faits intéressants sur la #RegataStorica1600.

1. Une glace pour le 1600ème anniversaire de Venise 

Acceptant l'invitation du maire à célébrer le 1600ème anniversaire de la ville, 4 glaciers de Favaro ont créé un parfum de glace qui capture l'histoire de Venise. 

Ceux qui seront à la Machina pourront découvrir en avant-première le nouvel parfum. 

Une recette inspirée par : 

EAU : Depuis sa naissance, l'eau est un élément de vie pour Venise, un symbole de la mer et de la pêche. Une eau sur laquelle Venise a fondé sa fortune dans le commerce, mais aussi dans la construction navale et militaire de l'Arsenale. 

OR : La crème est l'un des desserts préférés des Vénitiens, qui la faisaient frire une fois refroidie. Avec sa couleur jaune d'or, elle rappelle la splendeur de la Sérénissime affichée dans ses stucs et ses décorations. 

ORIENT : Une infusion de "poivre du Sichuan" qui rappelle la grande tradition séculaire du commerce avec l'Orient, dans laquelle Venise a joué un rôle de premier plan, selon le principe que "celui qui touche la mer touche le monde". 

TERRE : Crumble de buranei sbriciolati, les biscuits vénitiens typiques de l'île de Burano. 

SOIE : La coloration framboise rappelle, avec ses lignes rouges, la "route de la soie", symbole de la noblesse vénitienne et de son Doge. 

Ici les glaciers qui ont travaillé ensemble, coordonnés par le vice-président de l'exécutif municipal de Favaro Veneto, Simone Mestriner : 

Boutique del Gelato - Denis Scomparin 

Antica Gelateria Venexiana - Silvestrin Mara 

Fredde delizie - Massimiliano Bighetto 

Campo Alto - Lodovico-Gianluca Scorla 

2. Retour des tapisseries à Ca' Farsetti, Ca' Loredan et Ca' Corner 

Dans le cadre des célébrations de la Regata Storica, à l'occasion de la troisième exposition internationale d'art et sur proposition du maire Filippo Grimani, l'ancien mobilier de façade commandé au début des années 1930 par la mairie à l'artiste Augusto Cezanne (Florence 1856 - Venise 1935) sera exposé le long des balustrades des piani nobili de Ca' Loredan, Ca' Farsetti et Ca' Corner. 

À la demande expresse du maire Brugnaro et du conseiller municipal chargé des traditions, Giovanni Giusto, ces meubles ont été récupérés grâce à un travail minutieux de nettoyage et de conservation. Ils ont été réalisés spécifiquement pour célébrer le passage des bateaux pendant la Regata Storica. 

L'exposition de meubles anciens, dans le respect de la tradition, a pour but de fournir le cadre approprié à cet événement qui célèbre la Sérénissime République. 

Pendant l'année, les tapisseries sont stockées et exposées dans le portego au deuxième étage de l'hôtel de ville et au quatrième étage du siège de la ville métropolitaine. 

3. Le salut des pompiers de New York (20 ans après le 11 septembre) 

Happy Birthday Venice! as you celebrate in amazing 1600-year history your friends in the New York City fire department celebrate with you. Although the world-wide pandemic we all experiencing as prevented us from actually being there with you, we are virtually experiencing the beauty of the Regata Storica. My wife and I look forward to a time soon when we can return to a beloved Venice and enjoy a company of our dear friends. God bless you all and keep you safe! 

4. Un rhinocéros sur le Grand Canal 

Le rhinocéros le plus célèbre de Venise est le noir peint par Pietro Longhi et conservé à Ca' Rezzonico. Ce dimanche, un rhinocéros reviendra à Venise et défilera le long du Grand Canal en hommage au grand réalisateur Federico Fellini, dont on a récemment célébré le 100ème anniversaire. 

Un transport exceptionnel est arrivé ce matin au chantier naval de Malamocco avec l'œuvre prêtée par la municipalité de Rimini, où le musée dédié à l'auteur du Lion d'or et de l'Oscar vient d'être inauguré.

 

 

 

Les douanes de Venise, un documentaire vidéo qui raconte l'histoire du cœur de l'économie de la ville

Venise, 5 octobre 2021 - La Dogana da Mar (en français : douanes de mer), ce point de vue unique sur Venise, cet édifice situé entre le Grand Canal et le Canal de la Giudecca, ce point qui représente un trésor d'art et d'architecture et qui a été, pendant des siècles, le cœur battant de la vie économique de la Sérénissime République.

Réalisé par l'Agenzia delle Dogane e dei monopoli (en français : Agence des douanes et des monopoles) en collaboration avec la municipalité de Venise et la région de Vénétie, le documentaire vidéo "Le Dogane di Venezia" est désormais disponible en ligne. Ce projet est né du désir de raconter, dans l'année des célébrations du 1600ème anniversaire de la fondation de la ville, un élément important de son histoire millénaire : la Dogana da Mar.

Présentée à la 78ème édition du Festival international du film de Venise, la vidéo vise à souligner l'importance historique des douanes dans le développement socio-économique de Venise.

Située d’abord dans le sestiere du Castello, au début du quatorzième siècle la douane a été déplacée à l'embouchure du Grand Canal, au centre du bassin de Saint-Marc. Elle était donc une porte d’entrée, un point de contrôle où les bateaux devaient s'amarrer avant de continuer vers Rialto, le centre commercial de la ville.

Sa construction a commencé avec l'édification de l'église votive de Madonna della Salute en 1630 et s'est achevée à la fin de ce siècle-là avec le remplacement de l'ancienne tour crénelée par l'architecte Giuseppe Benoni. En outre, au sommet de la fine pointe triangulaire qui sépare le Grand Canal du Canal de la Giudecca, s'élève la sculpture de Bernardo Falconi : une sphère d'or portant une statue d'Occasio, qui sert de girouette et qui représente la chance et sa nature changeante, mais qui aide aussi les marins à se diriger dans le vent. 

La Dogana da Mar résume l'histoire de Venise et de son commerce, qui était un centre crucial d'échanges entre l'Orient et l'Occident : cocche, galions, marciliane et burchi chargés de vin, d'huile, de bois et de céréales, galères pleines d'épices, de soies précieuses et de sel, ont atteint le centre de Venise et ont ensuite été triés parmi les entrepôts et les fondachi des grandes familles de marchands vénitiens. D'énormes flux de marchandises atteignaient Venise, assurant la prospérité de la ville. L’activité commerciale de Venise, qui dès la seconde moitié du treizième siècle avait étendu son champ d'action aux rives de la Méditerranée orientale, était extrêmement complexe et articulée, et elle nécessitait donc d’un système de supervision et de contrôle.

Aujourd'hui, dans le cadre de l'Union européenne, la douane est devenue une institution qui facilite le commerce tout en protégeant le territoire et l'environnement. Même si elle a quitté Venise pour Porto Marghera au début des années 2000, elle reste l'un des bâtiments ayant la plus longue continuité d'utilisation au monde. 

Ce symbole d’une Venise qui avec son commerce reliait des mondes lointains, abrite aujourd'hui un musée d'art contemporain et reste étroitement lié à l'histoire de la ville et à son avenir.   

La vidéo documentaire est disponible sur YouTube à l'adresse https://www.youtube.com/watch?v=5c-g4C-eGq0 et sur les réseaux sociaux de l'Agenzia delle Dogane e dei monopoli. 

 

Histoire d'une nouvelle vie : sur le ventre de l'artiste enceinte Venise devient un symbole de naissance

Venise, 27 septembre 2021 - La peinture, entendue comme naissance d'une nouvelle vision du monde, se lie à la grossesse, entendue comme naissance d'un nouveau monde au-delà de la vision. Venise ne pouvait être que la dernière étape du projet "Pance" (en français : "Ventres") de l'artiste Manuela Traini, qui a voulu dédier aux 1600 ans de Venise la peinture d'un ventre spécial : le sien. "Venezia 1600. Storia di una nuova vita" (en français : "Venise 1600. L'histoire d'une nouvelle vie") est la performance à laquelle l'artiste, originaire des Marches mais vivant à Rome, a donné vie ces derniers jours. Un jour pour choisir une vue facile à mettre en scène et la couleur bleue comme le petit garçon qu'elle porte, Enea, qui naîtra dans quelques semaines. Sur son ventre de femme enceinte, symbole d'une nouvelle vie, un canal, des bricole, des gondoles et des bâtiments se reflètent dans l'eau. Une nouvelle naissance qui porte avec elle le souhait pour une ville que l'artiste voulait vivement comme conclusion de son projet et qui, par hasard, tombe exactement l'année où on célèbre la date de la fondation mythique de Venise, le 25 mars 421. Une nouvelle naissance, en fait, et une renaissance, car l'anniversaire de Venise ne marque que le début d'un nouveau chapitre de la ville, tout à écrire. Comme la vie du petit Enea et de tous les autres enfants qui, avant même leur naissance, ont été marqués par l'empreinte artistique de Manuela. 

"Pour moi, il y a deux villes, l'une est Rome et l'autre est Venise", explique-t-elle, "Venise est le symbole de la majesté, elle est la personnification du mot "unique". Vous pouvez aller où vous voulez, mais vous ne trouverez jamais une ville pareille à Venise dans le monde. Je voulais conclure ici un voyage magique, qui a duré sept ans, au cours duquel j'ai peint 130 ventres. Je voulais donner une valeur plus profonde à ce projet et les célébrations des 1600 ans de Venise étaient l'occasion idéale pour donner un sens plus élevé et intellectuellement plus majestueux à ce que j'ai fait". Le ventre comme symbole de fertilité, le nid qui accueille une nouvelle vie et projette Venise vers sa renaissance.

"À Venise, j'ai eu l'impression d'être la reine des ventres", sourit l'artiste, qui a toujours été liée au concept de l'art corporel : "L'idée est née d'une plaisanterie lorsque ma sœur jumelle Martina était enceinte : son ventre a été le premier que j'ai peint, et depuis, j'ai parcouru toute l'Italie. Peindre le ventre d'une femme enceinte, en plus de la mémoire photographique, signifie vivre ensemble une expérience très spéciale".

Pour une journée, les ventres sont devenus la mémoire d'un art qui se survit et qui exprime toute la beauté d'une femme prête à donner naissance à une nouvelle vie. Des dessins animés, des héros aux super-pouvoirs, des sujets de peintres célèbres, de Walt Disney ou d'icônes du cinéma ont pris vie sur le ventre des femmes. Puis le maquillage et le déguisement ont fait le reste, comme un rappel éternel de l'un des moments les plus cruciaux de la vie d'une femme. L'inspiration est venue d'une photo que l'artiste recevait.

"Dans mon cas, avec la difficulté de me peindre, j'ai choisi un paysage au trait mal défini, pas parfait, à la Van Gogh", commente-t-elle. Et puis les costumes de l'atelier vénitien Nicolao encadraient la peinture sur son corps. "Même le choix de porter des cornes n'était pas accidentel, j'ai choisi quelque chose de vraiment royal", conclut-elle, "d'autre part, il y a quelque temps, je me suis dit que si j'avais un jour un bébé, je voudrais peindre mon ventre à Venise, et aujourd'hui ce rêve est devenu réalité".

L’art revient à illuminer la nuit vénitienne pour le 1600èmeanniversaire de la ville

Venise, 30 septembre 2021 – Dans l’année des célébrations du 1600ème anniversaire de Venise, l’art revient à illuminer la nuit de la ville, pour une expérience inclusive et immersive impliquant les institutions culturelles publiques et privées de Venise avec un marathon d'événements gratuits dans plus de 120 sites culturels. Musées ouverts, installations, expositions, représentations théâtrales, ateliers, jeux d'équipe, concerts deviennent les protagonistes d'un événement qui, depuis dix ans, permet aux citoyens vénitiens de toucher, vivre et respirer, pendant toute une nuit, l'art dans ses expressions infinies. Conçue et coordonnée par l'université Ca' Foscari de Venise, en collaboration avec la ville de Venise et sous le patronage de la région de Vénétie, le samedi 2 octobrerevient l’Art Night Venezia (en français : la Nuit de l'art à Venise), en même temps que la Nuit Blanche à Paris, avec de nombreux événements, visites guidées, activités et spectacles créés en hommage à la ville qui fête son 1600ème anniversaire.

L'événement commence à 16h30 dans le Cortile Ca' Foscari avec les salutations institutionnelles, et on entre ensuite au cœur des célébrations des 1600 ans de Venise avec l'installation vidéo Venezia 3021une simulation virtuelle d'une Venise du futur basée sur une idée de Silvia Burini. Créé par Vitruvio Virtual Reality en infographie, le court-métrage sera disponible jusqu'à 22h30 et reproduira, en version numérique, des peintures, des photos, des gravures et d'autres matériaux artistiques collectés par le groupe de recherche Venice Imago Project. Le projet visuel sera accompagné d'une publication à tirage limité qui permettra, par le biais d'une application, de revivre et de prolonger les émotions des tableaux de Bernardo. 

De 17 heures à 20 heures, les espaces d'exposition de Ca' Foscari accueilleront un jeu d'équipe dédié à l'anniversaire de Venise : "The Game of Venice 421-2021 e la sfida continua". En s'inspirant du livre Venezia in numeri, una storia millenaria (en français : Venise en chiffres, une histoire millénaire) d'Alberto Toso Fei, on a résumé les 1600 ans d'histoire de la ville sur la lagune et on en a fait des quiz et des défis basés sur des anecdotes, des traditions et des personnages vénitiens célèbres.

Un autre hommage à Venise se trouvera dans le Cortile della Niobe à Ca' Foscari avec "Through", une installation in situ du Comitato per la Salvaguardia dell'Arte delle Perle di Vetro Veneziane (en français : Comité pour la sauvegarde de l'art des perles de verre vénitiennes) dédiée à l'art des perles et à la mise en valeur de la communauté des fabricants de perles, des impiraresse et des enfileurs vénitiens, qui font partie du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Conçue par l'architecte Alessandra Gardin, l'installation consiste en un portail dont les côtés sont composés de 1 600 perles et conterie en verre, créées, enfilées et polies à Venise et à Murano, et fabriquées à la main dans des tons d'aigue-marine et d'améthyste pour refléter les nuances de l'environnement lagunaire. 

Dans l’Art Night Venezia, une place sera également accordée au thème de l’esprit d’entreprise féminin avec l'exposition photographique "Stupefazioni" d'Alessandra Chemollo, réalisée en collaboration avec LEI - Leadership, Energy, Entrepreneurship. Il y aura également des visites guidées, organisées par Ca' Foscari Tour A(r)t Night, de petits joyaux de l'architecture vénitienne, comme le bâtiment Ca' Dolfin et sa merveilleuse Aula Magna, à 17h00, 18h00 et 19h00 (sur réservation). 

La nuit de l'art vénitien se poursuit à l'Auditorium Santa Margherita à 20h30avec la représentation théâtrale Al Sogno ! Dante sogna/Sogna Dante, dédiée à Dante Alighieri et réalisée à l'occasion du 700ème anniversaire de sa mort. Elle sera suivie d'une vidéo avec des illustrations d'Alberto Martini inspirées de Dante, animée par Cameranebbia, sur fond de musique électronique du compositeur Federico Costanza, avec l'intervention de l'actrice Francesca Sarah Toich.

La ville métropolitaine s'associe également à l'initiative de l’Art Night Venezia, en prolongeant les horaires d'ouverture du musée de Torcello jusqu'à 19h30, et du musée de la Folie, situé sur l'île de San Servolo, avec deux visites guidées gratuites à 17 heures et 18 heures, réservables avant 14 heures le vendredi 1er octobre sur museomanicomio@servizimetropolitani.ve.it.  Sur la même île, il sera possible de visiter l'installation "Senza Terra / Pomerio", événement lié à l’Exposition internationale d'architecture (ou Biennale d'architecture) de Venise, et l'exposition "Acque e terre, dipinti e land - art" de l'artiste Ettore De Conciliis.

L'accès à tous les sites de Art Night Venezia est gratuit mais nécessite d’une réservation obligatoire sur son site web ou directement sur l'APP MyPass Venezia. Les passes sanitaires et les équipements de protection individuelle sont également obligatoires. 

Pour plus d'informations, consultez le site web de l'Art Night Venezia

L'histoire de la fête de Saint Michel : une tradition de Mestre qui a lieu, depuis le quatorzième siècle, chaque 29 septembre

Venise, 28 septembre 2021 – Mestre célèbre son saint patron, Saint Michel Archange. Tombant chaque 29 septembre, il permet de revivre les émotions d'une ancienne tradition populaire ; cette année, il s'inscrit aussi dans le cadre des célébrations du 1600ème anniversaire de Venise. 

La première mention historique de la fête de Saint Michel est faite en 1328, lorsque les célébrations étaient réglementées dans le statut de Trévise, la ville dont dépendait Mestre ; l'une des principales activités de cet événement était le commerce des animaux, notamment des chevaux. Ce n'est qu'au dix-neuvième siècle que la journée dédiée à Saint Michel commence à inclure d'autres marchandises, ainsi que des feux d'artifice, des danses et, en 1958, même une régate, devenant un lieu de rencontre régulier pour de nombreuses personnes : des habitants du continent à ceux des communes voisines, et même les Vénitiens eux-mêmes.

Pôle d'attraction pour un très large public et exemple de splendeur pour le secteur économique de la ville, grâce à sa foire historique entre la Piazza Barche et la Piazza Ferretto, hier comme aujourd'hui, la fête de Saint Michel est un moment important des célébrations religieuses de Mestre. Non seulement, elle est aussi une façon de rendre hommage au véritable saint patron de la ville qui, contrairement à la croyance populaire, n'est pas Saint Laurent, auquel le dôme est dédié et qui fait office de patron secondaire.

Cette manifestation a toutefois été historiquement contestée par une autre commune vénitienne, Mirano, qui la revendiquait dans le même jour que Mestre. Afin d'éviter la concurrence entre les deux villes, en 1477, une résolution du Sénat vénitien a établi que Mirano avancerait les célébrations de son saint patron au 21 septembre, jour dédié à Saint Matthieu, tandis que Mestre conserverait la date du 29 septembre. Il existe également une curieuse légende populaire sur cette dispute, selon laquelle les habitants de Mestre auraient convaincu les habitants de Mirano de "renoncer" à la fête de Saint Michel en échange d'une bonne assiette de gnocchi offerte à la taverne. 

Aujourd’hui, la fête de Saint Michel à Mestre se limite à des célébrations religieuses et institutionnelles, avec la messe solennelle du patriarche dans la cathédrale de San Lorenzo et le lever du drapeau sur la Piazza Ferretto en présence du maire de Venise et des autorités militaires locales.

 

 

Donne sante dee : un guide du côté féminin de Venise dans ses 1600 ans d'histoire

Venise, 28 septembre 2021 - Sportives, peintres, écrivaines, opprimées mais libres à l'intérieur. C’est à ces figures féminines qu’est dédié le livre Donne sante dee. Guida ragionata alla città, (en français : Femmes saintes déesses. Guide raisonné à la ville), écrit par les journalistes Antonella Barina et Daniela Zamburlin, qui sera présenté le jeudi 30 septembre à 17h30 chez l'Ateneo Veneto, dans le cadre des célébrations du 1600èmeanniversaire de la fondation de Venise

Écrit dans une perspective de genre, ce livre est un guide non seulement des lieux mais aussi de l'histoire de la cité lagunaire depuis ses origines, qui mit en évidence les femmes les plus célèbres de Venise à travers un riche répertoire - remontant jusqu'au vingtième siècle - de personnages très différents en termes de condition, de profession et de vocation. Les auteurs rappellent ainsi leur valeur, leurs compétences et le rôle qu'elles ont joué dans la société, en brillant de leur propre lumière plutôt que d'une lumière réfléchie.

De ces pages émergent les profils de Luisa Bergalli, qui a édité la première anthologie de poèmes de poétesses jamais produite par une femme, ou de Sœur Arcangela Tarabotti, qui a défié le Sénat de la République avec des mots enflammés sur la vocation religieuse forcée, allant jusqu'à publier un ouvrage sur le sujet. Et puis il y a le peintre Bice Lazzari, une abstractionniste précoce qui contrastait avec la culture académique, ou la dogaresse Giovanna Dandolo, connue pour son soutien à l'art de l'imprimerie et de la dentelle, et Maria Boscola da Marina di Chioggia, la plus célèbre rameuse vénitienne qui, sur une période de 44 ans, est arrivée première dans de nombreuses régates.

Enrichi de quelque 500 photographies de différents auteurs - dont plus de 150 portraits originaux de la dessinatrice espagnole Eva Martìnez Souto - le guide part des figures féminines pour raconter aussi bien les grands monuments connus dans le monde entier que les labyrinthes de Venise moins connus, en suggérant des liens entre les protagonistes elles-mêmes.

Chacune des 154 femmes vénitiennes couvertes par le guide se voit attribuer un chapitre composé de deux entrées : l'une concerne la protagoniste, l'autre le lieu qui lui est attribué, et chaque entrée est accompagné d'informations, parfois inédites. Elles sont généralement classées par ordre chronologique de naissance, avec quelques exceptions : pour les dogaresses, le début de leur régence ; pour les mythes et légendes, leur correspondance ; pour les hagiographies de saintes, l'attestation de leur culte dans la ville ; pour les protagonistes d'événements spécifiques, l'année où ils se sont produits. Dans les entrées relatives aux monuments et aux lieux, parmi lesquels figurent également les parcs et jardins urbains et les zones lagunaires, le quartier dans lequel ils se trouvent est indiqué pour permettre au lecteur du guide de construire des itinéraires personnalisés.

Comme souligné par les auteurs, "les protagonistes des différents secteurs sont tous illustres pour nous en raison de leurs événements humains, de leurs destins et de leurs désirs : les dogaresses et les femmes du peuple, les verriers et les lettrés, les rameuses et les artistes, les patriotes et les étrangères, les courtisanes et les religieuses, les progressistes et les conservatrices. Plutôt que de les classer en fonction de leurs rôles, nous nous sommes concentrés sur ce qui était important pour elles, sur la recherche des relations entre elles, sur l'interdépendance des vies et des événements, racontant en plusieurs parties le fresque unique et extraordinaire qu'est Venise. Nous nous sentons proches de certains d'entre elles plus que d'autres, notamment celles qui ont travaillé pour d'autres femmes, et nous espérons avoir réussi à les traiter tous avec équidistance et respect. Nous avons raconté avec le même respect les déesses et les saintes, si présents dans le contexte de la ville”.  

Au cours de la rencontre, Francesca Brandes dialoguera avec les auteurs, tandis que Maria Teresa Crisigiovanni de "Voci di Carta" lira des extraits du guide.

 

Pramaggiore : une tradition vinicole multimillénaire

Venise, 27 septembre 2021 - Le voyage dans les 1600 ans de Venise, qui a commencé sa période automnale il y a quelques jours, s'arrête dans l'ancien vignoble de la Sérénissime, au cœur de la zone à denominazione di origine controllata (en abrégé DOC, signifiant dénomination d'origine contrôlée) de Lison-Pramaggiore. Une terre de vins blancs et rouges, berceau du Pinot Gris et du Refosco dal Peduncolo. Ici, à l'endroit où les provinces de Venise, Trévise et Pordenone s'entrecroisent, le regard se perd sur des étendues de vignobles qui appartenaient autrefois aux doges et qui conservent toujours cette ancienne tradition, résultant entre les zones les plus productives d'Italie.

Un seau, une paire de ciseaux robustes, des gants résistants et un chapeau pour se protéger du soleil : peu de choses sont nécessaires pour la vendange à la main dans les dizaines d'hectares de champs où se trouvent les vignobles de Pramaggiore et de Lison. La vendange mécanique, où les équipements modernes remplacent le travail de l'homme, est une autre affaire.

Située dans la plaine à quelques kilomètres de la côte vénitienne, entre les fleuves Tagliamento et Livenza, la zone DOC de Lison-Pramaggiore a toujours été le témoin de la culture de la vigne, garantissant la typicité et la particularité des vins de la zone. Le climat de la région est défini comme "tempéré" grâce à la proximité de la mer, à la présence de zones lagunaires et à la position plate qui favorise l'exposition des vignobles aux vents de la région. 

Les sols de la zone se caractérisent par une forte présence d’éléments minéraux, en particulier le caranto(carbonate de calcium), le potassium, le calcium et le magnésium, mais aussi par un apport équilibré de substance organique et une bonne capacité de stockage de l'eau. Ces facteurs donnent vie à des vins avec une excellente structure, un bon équilibre acide, des arômes intenses de fruits frais et une forte personnalité. L'appellation tire son nom du village d’origine romaine de Lison et de la ville de Pramaggiore, ce qui prouve que la culture locale de la vigne existait déjà à l'époque romaine.

La récolte de cette année sera meilleure que prévu : en effet, on croit que la qualité prime sur la quantité.  Peut-être protégée par une certaine influence de l’ancienne République Sérénissime, cette année la zone de Lison-Pramaggiore n'a pas subi de graves dommages causés par les orages de grêle, et peut compter sur de bons raisins et du vin en quantité raisonnable.

Le long de la route vitivinicole, on peut croiser la cave "Le Carline", qui produit des vins biologiques depuis plus de 30 ans, dans le respect de la nature et de la terre. Le processus de transformation du raisin, des vignobles à la cave, se déroule sans ajout de sulfites ou d'adjuvants, selon l'ancienne tradition œnologique. 

"Depuis sa création, notre entreprise fait partie d'un territoire pionnier dans le secteur biologique. En effet, c'est ici qu'est né "Bio Venezia", le premier district bio de la région de Vénétie, qui compte aujourd'hui plus de 50 entreprises avec 1500 hectares biologiquement cultivés", explique Daniele Piccinin, propriétaire et œnologue de "Le Carline". " La tradition des vins de la famille Piccinin est reconnue et récompensée en Italie et à l'étranger : du bronze Decanter, obtenu en 2015, aux médailles obtenues en 2020 au Concours mondial de Bruxelles et à l'International Organic Wine Award". Entre les grappes qui tombent d'abord dans les seaux et les tracteurs qui traînent le produit dans les cuves de pressage, qui finissent ensuite dans les silos en acier à 14 degrés pour la fermentation, l'activité ne s'arrête presque jamais. Les vins blancs sont déjà en train de fermenter, maintenant c'est le tour des rouges. 

L'activité vinicole dans le contexte œnologue de la zone DOC de Lison-Pramaggiore est composée par nombreuses réalités autochtones qui s'unissent souvent pour créer des vins IGT (indicazione geografica tipica, qui équivaut à l’indication IGP française), DOC et DOCG (denominazione di origine controllata e garantita, signifiant dénomination d’origine contrôlée et garantie). "Vi.Vo. Cantine", la société coopérative agricole de Pramaggiore, en est un exemple. Active depuis plus de 60 ans, elle compte aujourd'hui environ 200 membres et récolte chaque année plus de 130 000 quintaux de raisin.

"Il s'agit d'une cave coopérative de vinification, qui produit et vend du vin issu des raisins de ses adhérents", explique Samuele Busatto, qui est l'un des deus ex machina de la coopérative de Pramaggiore. "Pendant cette période, nous recevons entre 4 et 5 quintaux de raisins blancs et rouges par jour, qui sont utilisés pour produire des vins tels que le Prosecco, le Pinot Gris et le Merlot. Nous commençons à 7 heures du matin et le dernier chargement peut arriver pour décharger le produit au plus tard à 18 heures. Ça c'est le véritable cœur battant de la zone vitivinicole de Pramaggiore. Ces dernières années, la demande du produit a augmenté et cette marque historique, qui nous donne aussi le nom de "Venezia", est une fierté que nous portons en nous". 

Dans cette petite cave vénitienne, qualité et tradition vont de pair, transmises de génération en génération. L'Azienda Agricola Pivetta produit avec passion d'excellents vins depuis la fin des années 1960 : Refosco, Merlot et Cabernet pour les rouges, Pinot Gris, Tai et Chardonnay pour les blancs. 

"La transformation artisanale, de la récolte à la fermentation (qui prend plus de temps), donne lieu à un produit de niche mais de grande qualité", expliquent les frères Pivetta, "Nous parlons à nos vignes, nous les écoutons. Nous utilisons des méthodes traditionnelles, qui nous ont été transmises par nos grands-parents et nos pères, nous parions sur nous-mêmes et surtout sur nos vins rouges DOC. Il s'agit d'une région unique : les vignes et leurs racines cherchent l'eau dans la terre presque par elles-mêmes. Ils ne sont jamais secs, même s'il ne pleut pas, et il n'est pas nécessaire de leur donner de l'eau artificiellement".

Les travaux battent leur plein dans la zone de Lison-Pramaggiore, et il faudra attendre encore un peu pour la mise en bouteille. Mais la magie des vendanges reste la même, comme à l'époque de la Sérénissime République. 

LIEN VIDÉO 

https://we.tl/t-aZx64wvlCq

 

“LINEA 1 : quando i muri parlano d’arte” Les pilules de l'histoire dans les calli et les campielli

Nous sommes prêts à repartir avec le "jeu" de mémoire de la ligne 1 du bateau-bus de Venise qui retrace l'histoire de la ville en se promenant dans les calli et les campielli

Après Attila, le Doge Enrico Dandolo, Caterina Corner et Pietro Querini, on attend avec impatience les prochains sujets, parmi lesquels Aldo Manuzio, inventeur du point et de la virgule, la collectionneuse d’art moderne Peggy Guggenheim, le poète et maire Riccardo Selvatico et d'autres personnalités significatives toutes à découvrir.

Le style graphique de Lucio Schiavon nous accompagnera toujours dans ce marathon créatif, où les surprises ne manqueront pas, tandis que l'analyse historique, téléchargeable par code QR comme dans l'édition précédente, a été confiée une fois de plus à Alberto Toso Fei.

Une autre pièce s’ajoute aux célébrations du 1600ème anniversaire de Venise : le projet “LINEA 1 : quando i muri parlano d’arte” (en français : LIGNE 1 – quand les murs parlent d’art) avec ses nouveaux personnages emblématiques continue la "ligne" du souvenir de la ville.

Conçu par Giovanna Zabotti et Lucia de Manincor avec un contexte historique d'Alberto Toso Fei et des illustrations de Lucio Schiavon, ce projet débute à Venise pour être ensuite reproposé dans d'autres villes d'art.

Nous tenons à remercier la ville de Venise et le maire Luigi Brugnaro d'avoir cru dès le départ à “LINEA 1”, qui propose une manière innovante de "voir" l'histoire de la ville, ainsi que la famille Rizzo pour avoir soutenu l'idée.

Toutes les affiches peuvent être vues à partir du 25 septembre à la Fornace Smalltown de Trévise, et pendant le Treviso Comics Book Festival.

 

Plus d’information :

https://events.veneziaunica.it/content/linea-1-venezia-1600

 

"Quando la posta era Serenissima", l'exposition qui, du 11 au 26 septembre, retrace l'histoire postale à l'époque de la République vénitienne

Venise, 15 septembre 2021 – La municipalité de Chirignago offre au public une occasion unique pour célébrer le 1600ème anniversaire de la ville de Venise, en revivant l'histoire des envois postaux à l'époque de la Sérénissime. Inaugurée le 11 septembre, l’exposition "Quando la posta era Serenissima" veut présenter les anciens moyens de communication à l'époque de la République vénitienne. Parmi les lettres, les cachets de la poste et les pièces de monnaie provenant de collections privées de Mestre, Venise, Noale, Padoue, Sacile, Belluno et Gênes, les passionnés et les curieux pourront revivre tout le charme des échanges lents - mais non moins sincères - de messages, d'informations ou, tout simplement, d'émotions à travers les lettres envoyées entre les Vénitiens et tous les habitants des territoires de sa République.

Organisée par le groupe culturel "Albino Luciani" de Chirignago et en collaboration avec le club philatélique et numismatique de Noale, cette exposition peut être visitée jusqu'au 26 septembre et elle retrace, à travers la présentation de pièces rares et inédites, l'histoire du service postal vénitien dans la période allant du treizième siècle jusqu’à 1797.

Née d'une passion, d'une recherche méticuleuse et d'une curiosité pour l'histoire de son territoire, "Quando la posta era Serenissima" est le résultat de dix années d'étude et de collecte d'objets rares dans le but de faire la lumière sur une tranche d'histoire jusqu'ici peu connue et approfondie.

Cette exposition est un voyage qui commence au quatorzième siècle, à l’époque où la Sérénissime a commencé à organiser un système de communication efficace, grâce à un groupe de coursiers de Bergame. L’activité a été immédiatement appréciée par la population, et grâce à elle, les marchands vénitiens ont pu recevoir rapidement des nouvelles du Levant, utiles pour acheter des marchandises au moment le plus favorable ou pour obtenir les meilleures affaires.

"Quando la posta era Serenissima" est aussi un itinéraire qui guide les visiteurs à travers la première taxation de la correspondance en 1305, et qui montre la naissance de la première Compagnia dei Corrieri Veneti (en français : Compagnie des Courriers de la Vénétie) en 1489, en révélant également quelques faits inhabituels sur la ville de Venise. Selon Andrea Fusati, organisateur de l'exposition et secrétaire du Club philatélique et numismatique de Noale, c'est dans l'église San Giovanni Elemosinaro de Rialto que se trouve un petit bijou de la ville, caché au pied de l'autel de la chapelle Corrieri : la plaque de marbre portant les blasons gravés de la Compagnia dei Corrieri Veneti.

"Quand j'avais dix ans, j'ai trouvé un timbre dans un vieux livre de mon père, et ma passion est née", dit Andrea Fusati, "Pour moi, la meilleure chose est étudier les timbres, connaître par cœur la terminologie, les symboles sur chaque lettre, sur chaque cachet de la poste, pour éviter de dépenser une fortune sur un faux. Cependant, depuis quelque temps, les timbres ne me donnent plus satisfaction : c’est pour cette raison que mes recherches se sont concentrées sur une période précise, celle de la Sérénissime République, le lieu où je suis né et où j'ai grandi. Je n'ai jamais vu une collection de pièces uniques comme celle-ci".

Chaque lettre a son propre prix de référence, d'où la décision d'exposer également une collection de pièces de monnaie remontant à 1079, lorsque la Sérénissime n'existait pas encore, afin de mieux comprendre les références au monnayage de l'époque utilisé pour l'affranchissement. 

"Nous avons également exposé ce que l'on appelle le grosso matapan", poursuit l'organisateur de l'exposition, en indiquant quelques pièces, "émis à partir du treizième siècle sous les doges Foscarini, Tiepolo et Morosini. Chaque doge avait sa propre monnaie. Puis il y a les oselle, qui étaient à l'origine des médailles que le doge offrait aux personnes à lui fiels à la place du traditionnel canard (justement appelé osella en dialecte vénitien), afin de préserver son extinction causée par la coutume d'offrir l'oiseau en signe de gratitude". 

"La chose la plus importante pour moi est que la mémoire historique reste vive", conclut Fusati, "L'étude de nos racines et de notre passé est quelque chose d'indispensable qui devrait être étudié dès le plus jeune âge à l'école". 

L'entrée à l'exposition dans la Sala San Giorgio, Via del Parroco 7, Chirignago, est gratuite mais on doit montrer le pass sanitaire. Les heures de visite sont 10h-12h/ 16h-18h.

 

Les ateliers ouvrent pour célébrer 1600 ans d'artisanat

Venise, 21 septembre 2021 - Mille six cents ans d'artisanat, d'excellence, d'art et de culture. Mille six cents ans de mains de tailleurs, d'orfèvres, d’impiraresse, de remeri, de typographes, de menuisiers, d'artistes du papier, de décorateurs, de verriers et de modistes. Ce sont les mains qui ont construit la grandeur de la Sérénissime et qui, encore une fois, racontent une longue histoire de créativité et de savoir-faire.

Venise est une ville d'artisans, vivante et productive, une ville de savoirs transmis de génération en génération qui racontent l'histoire de la ville elle-même également à travers ses lieux et sa topographie : campicalli et campielliprennent le nom de ces artisans qui ont toujours été le point fort de la Sérénissime. C'est ainsi que "Venezia da vivere" célèbre le 1600ème anniversaire de la fondation de Venise en organisant des promenades pour mettre en relief les artisans qui continuent à travailler avec passion dans la ville. Du jeudi 23 au dimanche 26 septembre, il y aura "Ateliers aperti" (en français : ateliers ouverts) , une invitation à découvrir le précieux et inestimable patrimoine créatif de Venise et à rechercher la beauté et la haute qualité des produits artisanaux créés par des Vénitiens talentueux, gardiens de l'histoire millénaire de leur ville. Pendant quatre jours, des ateliers ouvrent leurs portes aux visiteurs pour montrer les processus de création de leurs produits. 

"Aujourd’hui peu de gens savent, par exemple, que Venise est une ville de céramique et que de nombreuses jeunes femmes se consacrent à cet art ", explique Laura Scarpa de "Venezia da vivere", "et pourtant la céramique était autrefois florissante dans la ville". Le campiello dei Squelini, par exemple, tire son nom des artisans qui y fabriquaient des bols et qui étaient réunis dans la congrégation des Bocaleri. Puis nous découvrirons l'atelier de Jacopo Robusti, dit Tintoret, qui a été son lieu de travail et sa maison au seizième siècle, les ateliers de cire et de typographie, mais aussi les ateliers dédiés à la mode, au design, à la bijouterie et au verre". 

Les visites, en présence et en direct sur Instagram, seront réparties par sestieri : le jeudi, on entrera dans les ateliers artisanaux de Dorsoduro de typographie, de peinture, de perles de verre ; le vendredi on sera à Santa Croce avec l'art du papier et des arrangements floraux, et aussi à San Polo avec les vêtements sur mesure, l'art contemporain, le design du bois ;  le samedi, à San Marco, on verra des bijoux faits à main, des articles de chapellerie, des créations en bois ; et le dimanche, la visite se déroulera entre Cannaregio et Castello, avec de la mode durable, de la cire, de la typographie, des céramiques, de la nourriture biologique, de la décoration d’intérieur et un atelier de couture.

"Atelier Aperti "s'inscrit dans le cadre plus large de la Venice Fashion Week, l'événement qui promeut Venise comme centre de production et de créativité, qui se tiendra cette année du 8 au 23 octobre.

La participation est gratuite avec inscription obligatoire en réservant directement à chaque atelier d'artisanat ou en écrivant à hello@veneziadavivere.com. Directe Instagram sur : @Veneziadavivere. 

Pour toute information, veuillez consulter le site : www.veneziadavivere.com

Une brochure pour illustrer les bâtiments de Venise et de la Vénétie qui abritent les bureaux du ministère de la Culture

Venise, 7 septembre 2021 - Une brochure qui décrit les lieux historiques, anciens et aussi contemporains qu’aujourd'hui abritent  les bureaux du MIBACT (dénomination du ministère de la Culture italien) dans la région: 7 archives nationales, 4 bibliothèques nationales, 4 directions, 16 musées nationaux et 1 bureau de coordination administrative régionale. L'initiative est organisée par le secrétariat régional de la Vénétie du MIBACT et s'inscrit dans le cadre des célébrations officielles du 1600ème anniversaire de Venise.

Enrichie de photos et de textes illustrant les nombreux bureaux ministériels de la culture, cette publication favorise la connaissance de l'emplacement des bureaux régionaux du ministère et des différentes tâches institutionnelles effectuées par l’administration centrale du MIBACT sur le territoire régional. En effet, le MIBACT a comme but la protection, la promotion et la valorisation du patrimoine culturel italien, comme prévu par l'article 9 de la Constitution de la République italienne. Il est donc possible de découvrir que des bâtiments aujourd'hui connus sous le nom de musées, d'archives, de bibliothèques et de bureaux publics étaient autrefois des résidences patriciennes et royales, des sièges d'institutions religieuses et séculaires. Dans certains cas, il s'agit de constructions plus récentes, mais tout aussi riches en histoire. L'objectif de cette publication est de présenter le MIBACT non seulement comme une réalité enracinée dans le territoire, mais aussi divisée en différents bureaux selon la nature de leurs tâches : les musées conservent et promeuvent le patrimoine artistique, les directions protègent le patrimoine culturel et paysager, les bureaux administratifs gèrent les travaux publics sur le patrimoine culturel et accordent des subventions aux propriétaires de biens culturels, les archives et les bibliothèques conservent et promeuvent la connaissance du patrimoine en papier.

Comme expliqué par Renata Casarin, secrétaire régionale du ministère de la culture pour la Vénétie, "lescélébrations du 1600ème anniversaire de la fondation de la ville de Venise sont l'occasion pour le secrétariat régional de la Vénétie de donner une unité et une visibilité aux bureaux périphériques du ministère dans la région. Le mythe de la naissance de Venise signifie une période exceptionnelle de développement culturel, économique, politique et social pour la ville elle-même aussi que pour le territoire régional, se manifestant encore aujourd'hui par la présence d'une architecture civile et religieuse dans laquelle opère le personnel travaillant sur le patrimoine culturel de la Nation. On pourrait dire que la Sérénissime République de Venise, en établissant ses magistratures, a toujours sauvegardé ce qu’aujourd’hui est inscrit dans l'article 9 de la Constitution, pierre angulaire de la protection des témoignages tangibles et intangibles de la civilisation. Aujourd'hui, comme par le passé, Venise et la région de la Vénétie continuent sur la voie de la protection et de la promotion du patrimoine culturel". 

Dans la brochure, vous pouvez découvrir les particularités des différents bâtiments : le Secrétariat régional situé à Venise, à Ca' Michiel delle Colonne ; les Archives d'État de Belluno, situées dans la Confrérie de Santa Maria dei Battuti du quatorzième siècle; les Archives d'État de Padoue, situées dans le Museo Civico ; les Archives d'État de Rovigo, situées dans l'ancien Séminaire épiscopal ; les Archives d'État de Trévise, situées dans l'ancien couvent de Santa Margherita ; les Archives d'État de Venise, situées dans les locaux appartenant à l'ancien couvent des Frari du treizième siècle ; les Archives d'État de Vérone, situées en rue Santa Teresa, dans un bâtiment ultramoderne ; les Archives d'État de Vicence, hébergées dans deux bâtiments construits à cet effet, en rue Borgo Casale ; la Bibliothèque nationale Marciana, qui a ses racines à Venise, dans les deux bâtiments du seizième siècle de la Zecca et de la Libreria Marciana ; la bibliothèque d'État de l’abbaye de Praglia ; la bibliothèque d'État de Santa Giustina, située dans le monastère bénédictin du seizième siècle dédié à la sainte patronne de Padoue ; la bibliothèque de l'université de Padoue, située dans un bâtiment de rue San Biagio ; la direction régionale des musées de Vénétie se trouve au cœur de Venise, sur la Piazza San Marco ; les Galeries de l'Académie occupent toute l'isola della Carità, y compris l'église et la Scuola Grande du même nom ; la Soprintendenza di Archeologia, Belle Arti e Paesaggio per il Comune di Venezia e laguna, située au Palazzo Ducale à Venise ; la Soprintendenza di Archeologia, Belle Arti e Paesaggio per la zona Metropolitana di Venezia e le Province di Belluno, Padova e Treviso compte deux sites : Le Palazzo Folco à Padoue, un bâtiment médiéval connu sous le nom de "Ca' del figo", et le Palazzo Soranzo-Cappello à Venise, un bâtiment de la Renaissance tardive avec un jardin à l'italienne ; la Soprintendenza di Archeologia, Belle Arti e Paesaggio per le province di Verona, Rovigo e Vicenza occupe l'ancien couvent de San Fermo Maggiore à Vérone ; la Soprintendenza archivistica e bibliografica del Veneto e del Trentino Alto Adige partage avec l'Archivio di Stato di Venezia le site de l'ancien couvent des Frari. 

Téléchargez la brochure : 

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Au Teatro Goldoni, la pièce sur Marietta Barovier conclut le festival "The Venice Glass Week"

Venise, 14 septembre 2021 - La soirée du dimanche 12 septembre on a présenté, dans le toujours charmant Teatro Goldoni, le spectacle théâtral "La donna del fuoco", dédié à la figure historique de la pionnière des perles vénitiennes, Marietta Barovier. En concluant le festival "The Venice Glass Week", qui cette année fait partie des célébrations du 1600ème anniversaire de la fondation de la ville, le spectacle a voulu rendre hommage à l'art de la verrerie vénitienne.

La représentation théâtrale est en vérité le résultat d'un important travail de recherche historique et anthropologique mené par l'association Arte-Mide avec des chercheurs, des collectionneurs et des verriers, dans le cadre du Projet Interreg EU DIVA, en collaboration avec plusieurs partenaires, dont la municipalité de Venise, Venezia 1600, le Conseil de l'Europe, l’Université Ca' Foscari, USR, EU Direct, CPVV, et avec la participation de la région de Vénétie et de la Fondation des archives Vittorio Cini.

Cette longue recherche a permis de mettre en évidence, dans la pièce théâtrale, la figure emblématique de Marietta Barovier, personnage créatif et fascinant, femme indépendante et entrepreneuse, qui, au quinzième siècle, fut parmi les premières à obtenir l'autorisation de la Sérénissime pour ouvrir son propre four. L'histoire de la "femme du feu" est celle d'une verrière, d'une artiste, d'une designer, d'une alchimiste et d'une chimiste qui a su apporter de profondes innovations à l'histoire du verre avec ses célèbres perle rosetta, caractérisées par un iconique chromatisme concentrique de tiges bleues, blanches et rouges à douze pointes. De plus, à partir de 2020, ces perles ont été inscrites sur la liste du patrimoine culturel et matériel de l'UNESCO : il s'agit d'une reconnaissance importante pour la ville de Venise, lieu de production culturelle d'un patrimoine qui doit être sauvegardé, promu et transmis au public et qui, dans ce cas, a été raconté dans une clé théâtrale. 

La mise en scène de Massimo Navone et l'interprétation de Chiarastella Seravalle, actrice et auteur des textes, ramènent le spectateur à la Venise du quinzième siècle, dans une atmosphère enrichie par la musique de fond de Rachele Colombo, qui implique avec empathie le public dans la découverte des aspects les plus profonds de l'art de la verrerie et de cette femme, exemple d'émancipation et grande source d'inspiration pour cette époque-là et pour notre présent. 

La représentation théâtrale a également fait l'objet d'un long métrage du même nom, tourné par Ginko film et avec la participation du Studio El Cocal. La bande-annonce du film a été projetée en avant-première nationale lors de la 78ème Mostra de Venise, tandis que la version complète, sous-titrée en quatre langues, sera présentée lors de la Journée européenne des langues, le 26 septembre à 18 heures, sur YouCafoscari, la chaîne YouTube de l'Université de Venise.

 

“M’illumino di spezie” : cette dimanche un événement à Rialto qui évoque l'ancien commerce de la Sérénissime

Venise, 20 septembre 2021 – On les mange et on les hume, évoquant des terres lointaines enveloppées de mythes, mais on les utilise également pour parfumer et se soigner. À l’époque où Venise était connue comme la Sérénissime, le commerce des épices était sa plus importante source de revenu. En effet, la Sérénissime République a eu, pendant des siècles, le monopole incontesté dans ce domaine : elle importait les épices de l’Orient, où elle avait des escales et des colonies dans tous les principaux ports, et les réexportait vers le reste de l'Europe. Pour commémorer le rôle du commerce des épices et son impact sur la civilisation et la vie vénitiennes, cette dimanche 26 septembre le Comitato cittadini di campo Rialto novo e adiacenze (en français : Comité des citoyens de campo Rialto novo et des quartiers adjacents) a organisé la journée "M'illumino di spezie", qui se tiendra à la Pescheria de Rialto de 10h à 20h. L'événement s'inscrit dans le cadre des célébrations du 1600èmeanniversaire de Venise et vise à explorer l'utilisation des épices dans la cuisine, la pharmacopée et la parfumerie à travers des ateliers sensoriels, une table ronde, des visites guidées des lieux des épices et une exposition avec une douzaine d'exposants. L'une des protagonistes de la table ronde sera Carla Coco, historienne de la gastronomie d'origine sicilienne mais qui vit à Venise depuis de nombreuses années.

"L'idée de consacrer une journée aux épices dans le cadre des manifestations marquant la naissance de Venise découle du fait qu’elles sont considérées parmi les marchandises les plus importantes non seulement pour Venise, mais aussi pour toute l'Europe. Les épices caractérisent la culture et l’économie médiévale, et elles rendent grande et riche Venise" explique Coco, "Elles étaient importantes, et le sont toujours, car elles étaient utilisées dans de nombreux domaines : en cuisine, en diététique, en pharmacopée, pour fabriquer des parfums et des savons. Il s'agissait de marchandises qui venaient de loin, d'Extrême-Orient, et qui étaient essentiellement des graines, des écorces, des fleurs, de minuscules fruits qui étaient surtout utilisés séchés”. 

Venise, qui était une ville dédiée au commerce, a compris dès le départ qu'il s'agissait d'un secteur très important et s'est entièrement consacrée aux épices. "Elle l'a fait de manière très intelligente, en prenant soin de tous les aspects", Coco poursuit, "déjà au début de 1204 Venise disposait d'un Arsenal capable de fabriquer des navires, elle avait une législation maritime déjà bien structurée et elle sécurisait ses marchands en organisant ce qu'on appelait des mude, c’est-à-dire des convois armés qui partaient de Venise à une date précise, avaient un programme de voyage, arrivaient dans les différents ports d'Orient et d'Afrique du Nord et là, les Vénitiens rencontraient d'autres marchands qui avaient apporté des épices d'Extrême-Orient et les achetaient. Même si les épices pesaient peu, elles étaient très chères car leur usage était immense. Arrivées à Venise, elles passaient la douane à Rialto et étaient ensuite revendues dans le reste de l'Europe. Il est clair que Venise gardait la quantité dont elle avait besoin, mais elle le faisait de manière intelligente ici aussi".

La Sérénissime est également devenue un leader dans la production de médicaments car, jusqu'à l'avènement de la chimie, la plupart des médicaments étaient fabriqués à partir d'épices et d'herbes. 

"De tous les médicaments, Venise s'est spécialisée dans la production de triaca, qui était une sorte de remède à tous les maux, composé de 62 ingrédients dont des épices et de la viande de vipère", dit-elle, "mais non seulement elle produisait une énorme quantité de triaca, elle produisait la meilleure triaca du monde connu à l'époque. En effet, il y avait des pharmacies exclusivement dédiées à cette production, et elles étaient étroitement surveillées par les autorités. De cette façon, le médicament était vendu dans toute l'Europe".

L'autre aspect à ne pas oublier est l’utilisation des épices dans la cuisine, non seulement pour aromatiser les aliments et leur donner un goût original et distinctif, mais aussi en diététique, car dans le monde médiéval, cuisine et diététique allaient de pair. À cette époque-là, on pensait que les épices corrigeaient les vices de la nourriture, et elles étaient donc utilisées non seulement sur les plats, mais aussi pour faire des vins épicés, ou étaient confitées et mangées à la fin du repas", poursuit Coco. "Là aussi, les Vénitiens se sont rendu compte qu'il était difficile d'utiliser les épices dans la cuisine, car après tout, elles n'étaient pas des produits de notre ADN européen. Venise a donc fait une opération de marketing très intéressante : elle a créé une série de sacs contenant des épices prêtes à l'emploi, appelés sacchetti veneziani (en français : sacs vénitiens)". 

Ces sacs étaient de trois types : un avec des épices noires et fortes utilisées pour la viande, un autre avec des épices douces et fines pour le poisson et enfin, puisque les Vénitiens étaient marchands, un mélange universel bon pour tous les aliments. Non seulement cela, Venise a aussi réalisé une opération culturelle très importante : toujours selon le principe que diététique et cuisine vont de pair, la Sérénissime a décidé d’appeller un médecin-gourmet d'origine arabe, "Giambonino", qui en 1271 a obtenu la citoyenneté de intus et de foris. Donc la République l’a encouragé à traduire et à réviser le livre d'un médecin très célèbre en Orient, afin de faire connaître et comprendre l'utilisation des épices, leur usage et les maux qu'elles pouvaient prévenir. Et Giambonino soi-même a écrit, à la fin du treizième siècle, un livre intitulé Liber de ferculis et de condimentis, qu’on peut considérer aujourd'hui comme le premier livre de cuisine vénitienne".

"Dans cet événement, dont l'Université de Cordoue est partenaire, nous avons pensé réunir tous les différents aspects des épices : nous aurons donc un moment culturel, mais aussi commercial", explique Coco, "nous aurons un atelier sensoriel avec des experts qui guideront les gens vers l'utilisation des épices dans la cuisine ; nous reproposerons ces célèbres sacchetti veneziani – dont nous avons la mémoire historique – et des recettes tirées d'anciens livres de recettes vénitiens. Par exemple, le fameux saor que nous mangeons encore tous les jours est un plat qui existait déjà au quatorzième siècle, il s'appelait cisame di pesce et était préparé avec des épices ; ou l'ambrogino, qui était entièrement recouvert d'épices. Il suffit de dire qu’au quatorzième siècle, à Venise on utilisait 30 à 40 épices différentes". 

À 16 heures, il y aura une table ronde sur les épices dans la pharmacopée, la parfumerie, les liqueurs et la cuisine. Il y aura également une partie commerciale, avec des stands où les gens pourront essayer, voir et comprendre ce que l'on peut faire avec les épices aujourd'hui. Il y aura des pâtissiers qui prépareront d'anciens bonbons aux épices, comme les pevarini, mais aussi des réinterprétations modernes, comme un babà aux épices ou des mustacciuoli. Il y aura des amers et des spiritueux, des maîtres parfumeurs qui réaliseront différents parfums et des visites guidées avec des guides autorisées qui feront découvrir le marché, l'ancienne pharmacie de San Servolo et le Palazzo Mocenigo. Le soir, il y aura une réinterprétation théâtrale de Il Milione de Marco Polo.

Très prisées et chères, et donc utilisées par les riches pour montrer leur opulence, les épices ont été utilisées jusqu'à la fin du seizième siècle, après quoi elles ont décliné.

"Fondamentalement, à cette époque-là les Portugais ont inondé l'Europe d'épices, qui par contre ont commencé à ne plus être considérées un symbole de statut. On doit aussi se souvenir que les connaissances médicales se sont développées et, même s'il n'y a pas de raison apparente, les épices ont commencé à être de moins en moins utilisées", conclut Coco. "La cuisine vénitienne du dix-septième et dix-huitième siècle a perdu ses épices, et même dans le dix-neuvième et vingtième siècle on connaissait seulement les principales : le poivre et la cannelle. Mais au cours des vingt dernières années, quelque chose a changé, parce que les gens ont redécouvert que les épices sont vraiment bonnes pour la santé et qu'il ne s'agissait pas de simples rumeurs. Et elles sont à nouveau utilisées en cuisine, notamment en raison de la présence de nombreuses communautés étrangères venues de l'Est. Parmi les épices redécouvertes figurent le gingembre, le curcuma, la cannelle, le clou de girofle, l'anis étoilé, la coriandre et, bien sûr, le safran. Le safran est principalement produit en Iran et en Turquie, mais c'est la seule épice qui peut également être cultivée en Italie. Et donc, lors de l'événement, nous aurons du safran produit en Italie et du safran iranien, justement pour comparer différents mondes et cultures".   

Une série de trois rencontres littéraires dans les cloîtres de San Lorenzo pour le 1600ème anniversaire de Venise

Venise, 13 septembre 2021 - Une série de trois rencontres littéraires dans le cloître de San Lorenzo, avec entrée gratuite, dans le respect des mesures contre la Covid-19 et avec le pass sanitaire obligatoire. La municipalité de Venise, Murano, et Burano célèbre le 1600ème anniversaire de la fondation de la ville avec une petite série d'événements auxquels participeront les auteurs de récentes et importantes publications sur l'histoire de Venise. Trois rendez-vous qui privilégient une perspective générale et à long terme, à travers des angles différents et suggestifs : de l’"énogastronomique", racontée par Pierangelo Federici à la Venezia in numeri (en français : Venise en chiffres) racontée par Alberto Toso Fei, pour arriver, enfin, à la féminité vénitienne avec Tiziana Plebani.

L'objectif principal du cycle, qui commence demain, est de proposer un programme accessible et informatif, impliquant un large public et pas seulement le cercle étroit des spécialistes. 

Vous trouverez ci-dessous le programme :

Mardi 14 septembre à 18h00 Pierangelo Federici parlera de Venezia, una storia commestibile (en français : Venise, une histoire comestible, avec l'auteur Roberto Ellero parlera en mémoire d'Ernesto Ortis) ; mardi 21 septembre à 18h00 Alberto Toso Fei parlera de son Venezia in numeri, una storia millenaria ; mardi 28 septembre à 18h00 Tiziana Plebani parlera de Storia di Venezia città delle donne (en français : Histoire de Venise, ville de femmes, avec l'auteur Franca Bimbi et Franca Marcomin parleront).

 

À Meolo, une exposition des photos raconte le lien entre cette ville et la Sérénissime

Venise, 16 septembre 2021 - 60 photos pour raconter l'histoire du lien entre Venise et la municipalité de Meolo. C'est l'idée qui sous-tend l'exposition photographique organisée dans le cadre évocateur de la villa vénitienne du quinzième siècle, Ca' Cappello, à l'occasion de l'anniversaire de Venise. L'histoire du lien historique et culturel entre Meolo et la Sérénissime est racontée au public par l'artiste d'origine géorgienne David Tsaga qui, avec un répertoire de photographies inédites centrées sur deux sujets, Meolo et Venise, capture en images les traces du lien historique entre les deux villes vénitiennes et rend hommage à Venise et à ses 1600 ans d'histoire. 

Inaugurée le 17 septembre à 18h30, l'exposition photographique peut être visitée dans l'un des plus beaux bâtiments municipaux de la Vénétie les jours suivants : samedi 18-25 septembre de 10h à 12h, et de 16h à 20h30, dimanche 19-26 septembre de 10h à 12h, et de 16h à 20h30 et mercredi 22 septembre de 9h à 12h. 

À la fin de l'exposition, il sera possible de participer à des visites guidées du Palazzo Cappello pour admirer les pièces intérieures et les célèbres fresques de ce palais, comme l'extraordinaire Rota Fortunae. Réservation obligatoire : biblioteca@comune.moeolo.ve.it ou en appelant le 0421 61018.